Apple et le palier de l'innovation musicale
Un constat peut être brièvement dressé après la KeyNote du 9 septembre : L’innovation musicale a atteint un palier. En effet les annonces faites par Steve Jobs ne sont pas révolutionnaires, et a part des produits plus fins et offrant des capacités de stockages croissantes, les nouveautés sont pauvres. L’action a d’ailleurs perdue 3% lors de la conférence.
En revenant sur les nouveaux produits on s’aperçoit rapidement de la pauvreté de l’innovation. Ainsi un nouveau Nano fait son apparition et se rapproche de l’ancienne version pour effacer l’échec de la précédente version. A part des améliorations superficielles, le Nano reste le même. Quant au iPod Touch, il jouit d’un simple amincissement et de hauts parleurs.

On avancera certainement la nouvelle fonction d’iTunes, Genius, comme la nouveauté d’Apple, mais encore une fois je reste sceptique. Cet outil sert à recommander d’autres titres à l’utilisateur, et permet aussi de créer des playlist automatiquement en fonction d’un titre choisi. Ainsi Genius suggère des chansons provenant de la bibliothèque de l’utilisateur mais lui propose aussi d’acheter des titres de style similaires via l’iTunes Store. C’est pourquoi pour utiliser Genius il faut ouvrir un compte iTunes Store, et par la même occasion envoyer toutes les données de sa bibliothèque à Apple pour permettre au Génie de proposer les meilleures recommandations. Rien de bien innovant quand on compare le produit à des services comme Last.fm ou Pandora qui eux font découvrir gratuitement des titres similaires à l’utilisateur. Genuis s’impose donc plus comme le Google Ads de iTunes, et c’est pas plus mal pour Apple.
Une fois ce constat dressé on se rend rapidement compte que depuis l’iPod et iTunes en 2001, la musique n’a pas connu d’innovation (technologiques) bouleversantes. En effet, a part l’iPhone qui permet à l’utilisateur de ne pas avoir besoin de se connecter a son ordinateur pour acheter des titres, les changements restent superficiels. Certes l’offre est moins standardisée, et les modèles sont déclinés en plusieurs coloris et capacités, mais nous sommes en droit de nous demander si l’innovation musicale n’a pas atteint un palier et s’il faudra attendre un certain temps pour que les nouveautés réelles refassent surface.
Peut-être pas de quoi remettre en cause l’hégémonie de la firme de Cupertino dans le domaine, mais assez pour se poser quelques questions sur l’évolution du marché.



12. sept, 2008 






À Propos de l'Auteur :
Les annonces « musique » faites par Steve Jobs au mois de septembre ne sont jamais révolutionnaires. Chaque année, il présente de nouveaux iPods légèrement plus fins, leur capacité de stockage augmente, les coloris changent, et voilà. Le fait de se rapprocher d’une ancienne version pour effacer un inconvénient n’est pas inédit. Par exemple l’iPod nano 2G en alu se rapprochait déjà de l’iPod mini, pour effacer les inconvénients de la 1ère génération d’iPod nano (le fameux plastique qui attirait les rayures comme un aimant). L’objectif prioritaire est de raviver la flamme avant la période des fêtes avec un nouveau design et d’élargir la cible avec un prix d’entrée plus compétitif.
Le concept d’iPod était bien défini dès le départ. Un petit baladeur numérique qui permet d’emporter un grand nombre de morceaux, avec un logiciel dédié qui s’occupe de la synchro. Des transferts rapides avec Firewire, puis l’USB 2. Une interface simple, contrôlée grâce à une molette. Les évolutions les plus notables sont :
- l’apparition de modèles plus petits et moins chers, à mémoire flash.
- les écrans couleur et le support de la vidéo sur l’iPod, puis le nano.
- l’ajout d’un modèle multi-touch entre l’iPod et l’iPhone.
Les baladeurs mp3 (pas seulement l’iPod) ont résolu un problème : comment emporter toute sa bibliothèque musicale (et ensuite de la vidéo) dans sa poche au lieu de se balader une caisse de CD. Les logiciels comme iTunes ont permis de la gérer et ont ouvert le marché de la vente de musique en ligne. Une fois le problème résolu grâce à un saut technologique (formats audio/vidéo, miniaturisation des disques durs, puis utilisation de mémoire flash en grande quantité, innovation dans le domaine des logiciels…), les évolutions restent superficielles.
On pourrait comparer l’évolution de l’iPod avec celle d’une autre génération d’appareils. Est-ce que le Walkman a connu de grandes évolutions ? Pas vraiment, il permettait d’écouter des K7 audio, puis des CD. Le design a évolué (appareil plus léger, plus fin), le prix de vente a sûrement diminué au fil des années grâce à la pression exercée par les concurrents de Sony, mais le concept est resté à peu près identique jusqu’à ce que le marché soit saturé et que l’appareil devienne obsolète.
Les concurrents d’Apple ont plus intérêt à innover, parce qu’ils ont besoin de se démarquer du leader. S’ils ne proposent pas quelque chose de différent, ils n’ont aucune chance de percer. Par exemple le Zune a de nouvelles fonctions permettant d’acheter de la musique directement en Wi-fi. N’empêche, le baladeur mp3 risque de devenir obsolète ; la croissance des ventes s’est ralentie, le marché arrive déjà à saturation. La révolution vient d’une autre classe d’appareil, comme l’iPhone/iPod touch. Ils sont plus puissants, font plus de choses, ont un écran tactile, ont accès à des logiciels tiers…
Et la fin de ton analyse converge vers les tendances du marché, à savoir une évolution des services et non plus des produits.
Car je pense qu’avec un support tel que l’iPhone, Apple atteint la son palier, et intégrera toute la mobilité dans cet appareil phare.