Deezer, la plus média des plateformes de streaming

Malgré la baisse de popularité des plateformes de streaming ces temps-ci, ce moyen de consommer la musique n’est pas mort. Pour ces start-ups, la survie d’un modèle d’affaire non validé passe par différents positionnements dans le but de générer des revenus à court terme et justifier clairement une création de valeur auprès de leur écosystème (si si, écosystème). Quelle stratégie pour Deezer dans un océan désormais rouge?

Générer des revenus à court terme pour valider un business model et des promesses de revenus à moyen/long terme. Oui les plateformes de streaming font face à un gap de trésorerie qui leur attirent les foudres justifiées de différents acteurs de la musique en ligne. De son coté Spotify a selon toute vraisemblance axé son offre et sa valeur vers la consommation de musique pure. Toute l’énergie est mise sur la création de valeur dans l’expérience utilisateur finale. Pour financer ces innovations Spotify a réussi à lever suffisamment de fonds après de capital-risqueurs lui permettant de développer assez d’incitants auprès de l’utilisateur pour le faire passer à la version payante.

De son coté WorMee et son offre gratuite repose sur le soutient d’Orange et sa volonté de créer des synergies avec son activité d’opérateur mobile. Ainsi Orange opte pour l’innovation par la création d’un « Greenfield« , et malgré les inconvénients de ce mode de fonctionnement il permet entre autres de ne pas avoir à se soucier du cash-flow pendant les premiers mois.

Deezer lui, n’a pas levé les fonds de son concurrent suédois, et n’a surtout pas la même audience. Riche d’un catalogue de 7 millions de titres, la start-up française tente de se positionner différemment notamment avec son offre gratuite. En effet, dans sa version gratuite, Deezer fonctionne comme un média, met en avant ses qualités éditoriales et se place auprès des maisons de disques comme un véritable relai de promotion web pour le développement de nouveaux artistes. On pense notamment à la fameuse « Home » de Deezer qui permet une forte visibilité temporaire qui générerait apparemment des ventes digitales conséquentes (Cf. Alex Dauchez, DG de Deezer). Et là se créer la légitimité de la plateforme de streaming auprès de ses partenaires stratégiques, puisque Deezer permet aux majors de promouvoir leur artistes, de connaitre leurs auditeurs (localisation, age, sexe, etc…).

Deezer a vraisemblablement besoin de cette légitimité auprès de ces acteurs-là puisque son business model n’est pas validé et que les avances sont toujours difficiles à recouper. Ainsi cet effort de promotion et de retour sur les utilisateurs n’est principalement du qu’au rapport de force deezer/majors, puisqu’il est évident qu’Apple bénéficie d’une base de données d’utilisateurs et d’usage beaucoup plus importante. Mais le rapport de force entre les majors est Apple est différent puisque les majors ont désormais d’avantage besoin de la firme de Cuppertino que l’inverse. On se demande alors quelle est la place des indépendants dans la course à la visibilité sur le web, puisque Deezer est en train de devenir l’équivalent de la Radio FM sur le web en terme de promotion.

Espérons que la logique éditoriale de notre cher Deezer ne se tourne vers celle de NRJ…

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À Propos de l'Auteur : Hugo Amsellem
Mini-bio : Créateur d'IndustrieMusicale.com, et Guest Blogger sur MidemNet Blog. Étudiant en Intelligence Économique, passionné de musique et des problématiques liées à son industrie. Également co-fondateur d'oocto, une plateforme d'amorçage de projets musicaux qui regroupe les concepts de crowdfunding et crowdsourcing. En savoir plus...

4 Responses to “Deezer, la plus média des plateformes de streaming”

  1. http://Www.Streamode.Com C’est le principe du streaming. C’est à dire qu’on regarde les films en ligne et ne sont pas téléchargeables. Bon film ! …

  2. Bonjour,

    L’article est intéressant et plaisant à lire. J’aurais juste besoin d’une précision concernant la phrase d’ouverture :

    « Malgré la baisse de popularité des plateformes de streaming ces temps-ci »

    Sur quelles statistiques / chiffres / info te bases tu pour commencer ton article ainsi ? (En gros, parles-tu d’une baisse de popularité en volume, en termes d’appréciation qualitative, ou simplement en termes de attractivité financière de ces plateformes ?).

    Si tu as des sources, n’hésites pas à les citer car cet article en manque cruellement et il est difficile de distinguer si ton propos est une théorie personnelle ou une observation synthétique d’informations vérifiées.

    Au demeurant je suis d’accord avec toi sur ton analyse, m

    • Hello Alex, content que tu aies trouvé l’article intéressant,

      Je ne me base pas sur une analyse de la situation financière des plateformes de streaming mais plutôt sur une perception assez critique de la part de l’écosystème professionnel quant à la possibilité de ce nouveau business model à être viable.

      Spotify souffre par exemple d’un manque cruel de confiance de la part des majors et autres ayants droits aux Etats-Unis (d’ou l’absence de deals) du fait de son incapacité à faire payer ses utilisateurs pour son service et par extension du fait de l’incapacité du modèle streaming à faire payer pour la musique.

      Cette analyse n’émane donc pas de tendances chiffrées, mais plutôt de l’observation d’une configuration particulière entre différents acteurs qu’il est assez difficile de chiffrer.

  3. OK c’est exactement ce que je voulais préciser : quand tu dis « baisse de popularité » c’est chez les producteurs et éditeurs de musique, i.e. coté fournisseurs.

    Je cherche à trouver des chiffres sur la croissance coté utilisateur final (le public), et il semblerait au contraire qu’on observe une croissance massive de la popularité des plateformes de streaming chez eux.

    Malheureusement, je ne dispose pas d’autres infos que les communiqués des grands acteurs WorMee / Deezer / Spotify, et il manque des infos indépendantes qui permettrait d’avoir une idée plus précise et complète de la situation (quel véritable taux d’utilisateurs « premium », quel répartition sur le territoire français, combien de morceaux écoutés en moyenne, quelle pourcentage de musique actuelle etc…). Si tu vois passer ce genre de choses, n’hésites pas à faire un article là-dessus !