La Guerre des Formats feat. Apple, MXP4, Opendisc, MusicDNA & Guests

Du vinyle au CD, l’album a déjà perdu beaucoup de sa valeur visuelle. Mais du CD au MP3, la notion de l’Artwork a été plus que malmené jusqu’à quasiment disparaître avec la généralisation du téléchargement illégal et de son format de prédilection, le MP3. Ainsi il n’est désormais plus rare pour certains consommateurs de musique de ne pas pouvoir associer une image à la plupart de leur bibliothèque musicale. Mais le MP3 aborde une phase de déclin, en témoigne le nombre décroissant de dépôts de brevets relatifs à son usage, et de nombreux prétendants sont prêts à prendre le relai, tous avec un argumentaire tranchant et des armes aiguisées. Sans essayer de lister exhaustivement les nouveaux formats en développement, nous allons essayer de voir quelles sont les caractéristiques nécessaires pour une entrée réussie sur le marché.

1. Les formats HD :

Le MP3 a souvent été décrié quant à sa très mauvaise qualité de compression, avec des aiguës et des graves de mauvaise qualité (ça fait beaucoup). Mais avec des arguments tels que la gratuité et le faible espace de stockage, ce format a malgré tout réussi à s’imposer comme un standard. Dorénavant, la gratuité n’est plus un critère de sélection, et l’espace de stockage moyen a connu une croissance exponentielle ininterrompue  depuis l’invention du MP3. Ainsi il est impératif pour les nouveaux formats de proposer une qualité d’écoute Haute Définition pour créer de la valeur et se différencier du MP3 classique. Et c’est ce que fait très bien le format MP3HD, qui offre une qualité d’écoute supérieure, avec un poids 4 fois supérieur en moyenne à son prédécesseur. Très bien, un fichier plus gros, donc plus de temps à télécharger en réseau peer-to-peer illégal, donc une incitation plus grande à l’acheter. Oui mais…

2. Les formats enrichis :

La croissance exponentielle des espace de stockage a accompagné la croissance exponentielle des débit internets. Ainsi le temps d’attente pour télécharger un MP3HD n’est pas vraiment une barrière à la consommation illégale de la musique. Pour réellement créer de la valeur autour de la musique et justifier un achat, il faut offrir plus que la musique. Et c’est ce que tente de faire Apple avec son iTunes LP qui offre une expérience plus riche au consommateur avec la possibilité de télécharger un Vinyle Digital et profiter de l’artwork, des paroles et du livret comme le permettait le Vinyle à son époque. Très bien, une nouvelle expérience pour le consommateur, mais le prix est parfois plus élevé que la version Vinyle, pour le même produit digital, est-ce suffisant?

3. Les formats interactifs :

La musique est avant tout basée sur l’échange, et l’expérience numérique devrait tenter de répliquer ce caractère au plus proche. Et si les formats précédents ne permettaient pas d’interagir avec la musique, les technologies actuelles nous permettent des avancés dans ce domaine là. Ainsi MXP4 propose de jouer avec la musique, en témoigne son slogan « Don’t Just Play The Music, Play With It ! ». Le format qui se présente pour l’instant comme un widget, offre la possibilité de remixer les titres de façon simple et intuitive. La musique n’est ainsi plus figée mais prend du sens en fonction de la personne qui l’écoute. Cette nouvelle approche peut-être potentiellement perçue comme un relais de croissance pour le format Single, même si MXP4 est pour l’instant un outil de promotion pour les artistes signés en maisons de disques.

4. Les formats évolutifs propriétaires :

Mais pour réellement créer de la valeur exclusive autour de la musique, et empêcher sa reproduction et sa diffusion gratuite, il faut proposer des offres non copiables. Car même si les formats précédents sont innovants et proposent une nouvelle expérience à l’utilisateur, ils sont potentiellement menacé par le peer-to-peer. On entent régulièrement cette recommandation : « Ne vendez pas la musique, vendez l’accès à la musique ». Avec des services comme Spotify, l’accès illimité à la musique est donné pour 10€/mois. Mais cet accès ne va pas plus loin que l’écoute en streaming. Ainsi la valeur d’un titre ou album acheté peut croître en devenant un accès à des informations sur l’artiste. Cette possibilité est partiellement proposé par MusicDNA qui livre des paroles, images et actualités sur l’artiste avec cette fois-ci la possibilité d’updater ces informations périphériques. L’utilisateur peut de son coté paramétrer les mises à jour qu’il souhaite recevoir (dates de concerts à proximité, interview de l’artiste). Le point fort de ce format est qu’un fichier MusicDNA téléchargé illégalement ne comportera que des informations statiques et l’utilisateur ne bénéficiera pas des mises-à-jours. L’inconvénient de ce format est qu’il est lisible via le lecteur audio MusicDNA et que sa consommation mobile dépend aussi du développement de la version mobile (application iPhone, Android, etc…). Ainsi cette valeur ajoutée ne pourra être consommée que dans des conditions limitées et imposées.

5. Les formats évolutifs ouverts :


Le format idéal serait donc évolutif mais ouvert, laissant la possibilité a tous de consommer la musique et d’accéder au contenu enrichi. Il faudrait alors séparer la consommation de la musique et la consommation des infos relative à l’artiste. Cette possibilité est offerte en partie par Opendisc avec son Opentunes. En achetant un album sur iTunes, l’utilisateur à accès à des bonus (des photos, des vidéos, des exclusivités, le format interactif MXP4, etc…) via un site privé de l’artiste mis-à-jour en fonction de l’actualité. Cette solution permet ainsi d’avoir l’interactivité, le caractère évolutif du format, et la possibilité de consommer la musique librement sans changer ses habitudes. A ce modèle se pose deux lacunes : pas d’accès mobile aux exclusivités et à l’interaction, et pas de format HD. Cette valeur ajoutée est uniquement offerte avec l’achat légal d’un album, et vraisemblablement sans surprix ce qui offre de réels arguments face au téléchargement illégal.

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À Propos de l'Auteur : Hugo Amsellem
Mini-bio : Créateur d'IndustrieMusicale.com, d'OnYourCloud.com, et Guest Blogger sur MidemNet Blog. Étudiant en Intelligence Économique, passionné de musique et des problématiques liées à son industrie. En savoir plus...

3 Responses to “La Guerre des Formats feat. Apple, MXP4, Opendisc, MusicDNA & Guests”

  1. Très bon article Hugo ;)

    Dans la même lignée que iTunes Lp et MusicDNA, tu peux jeter un oeil au format CMX qui est développé par trois majors (Warner, Sony et Universal) : http://en.wikipedia.org/wiki/CMX_%28file_format%29