La musique en produit d’appel, Spotify montre la voie !

On y est, le moment que de nombreux analystes attendaient est arrivé : l’accès au streaming musical illimité est officiellement un produit d’appel (oui il y a eu des opérations similaires avant, mais c’est réellement le kick off) avec l’annonce du partenariat 3UK (telco anglais) et Spotify, la fameuse plateforme de streaming musical. Quels sont les principaux enseignements à tirer ce cette news?

Une rentabilité dure à atteindre

Il est désormais clair que le seul streaming illimité de musique n’est pas rentable, même dans un modèle freemium (free + premium). Mais alors qu’un modèle comme celui de Deezer ne laisse pas de doutes sur son actuelle viabilité, les dernières analyses du modèle d’affaire de Spotify ne nous ont pas non plus rassurées sur la pérennité de ces plateformes, aussi complètes et innovantes soient elles. En effet les consommateurs ne sont pas prêts à payer pour la musique, les usages ayant basculés vers le p2p il y a 5-10 ans de cela, la faute aux majors ou pas, là n’est pas la question.

Synergie = $$

Une telle association aurait donc pour but de transférer la valeur économique perçue de la musique à l’abonnement, là ou les utilisateurs sont prêts à payer, et sont habitués à payer plus pour des services supplémentaires. L’équation semble donc donner 2 gagnants. Ainsi Spotify bénéficie de la visibilité de l’opérateur, et de sa force commerciale et promotionnelle pour conquérir et fidéliser des clients à moindre coûts (encore que…). De son coté l’opérateur bénéficie de l’expertise de la plateforme et de son positionnement pertinent. En gros c’est « best of both world » et les acteurs se concentrent sur leurs coeurs de métiers respectifs.

Perte de valeur pour la musique?

La démocratisation de telles pratiques verrait la musique perdre encore de la valeur économique auprès des consommateurs, puisque encore une fois, la musique serait un produit d’appel pour vendre des abonnements, et donc le business du streaming musical ne serait donc jamais en capacité de générer directement des bénéfices. Et encore une fois, la diversité musicale en serait menacée car le contrôle des revenus, la monétisation de la musique et l’accès aux utilisateurs passerait des créateurs de musique aux opérateurs télécoms. C’est assez grossier comme schéma mais c’est à peu près ça.

Et nos français dans tout ça?

Les Deezer, MusicMe et WorMee font le même constat. Pas de rentabilité à moyen terme, et pas de porte de sortie. Pour WorMee le constat est différent car la plateforme est développée par Orange, il est donc envisagé pour l’opérateur de proposer ce service aux abonnés Orange uniquement et d’appliquer la même stratégie . Sauf que le service est complètement en retard par rapport à ses concurrents et que son adaptation mobile reste une grande inconnue. Deezer voit lui sa porte de sortie dans l’arrivée de Free sur le marché, Xavier Niels étant un grand supporter de la plateforme et compte bien intégrer Deezer dans sa future offre mobile (voire dans son offre quadriplay). MusicMe quant à lui reste la grande inconnue, avec un positionnement désormais totalement remis en cause la plateforme de Ludovic Leu voit le déclin du téléchargement légal d’un très mauvais oeuil, et ne peut même pas envisager la revente de sa plateforme faute de voir les majors se retirer, contractuellement au deal signé.

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À Propos de l'Auteur : Hugo Amsellem
Mini-bio : Créateur d'IndustrieMusicale.com, d'OnYourCloud.com, et Guest Blogger sur MidemNet Blog. Étudiant en Intelligence Économique, passionné de musique et des problématiques liées à son industrie. En savoir plus...

6 Responses to “La musique en produit d’appel, Spotify montre la voie !”

  1. La musique est depuis quelques années déjà un produit d'appel pour les opérateurs telecom (cf Orange et SFR) mais c'est vrai que pour SPOTIFY, c'est la première fois qu'un acteur du marché de la musique en ligne adopte ce business model.
    La conclusion est-elle pleine de scoops ou d'hypothèses ?
    Quoi qu'il en soit, nous sommes face à jeu très stratégique entre opérateurs telecom, majors et acteurs de la musique en ligne.