La rigidité des Majors est-elle due à une perte de contrôle?

« Putting gum over cracks in the Hoover Dam » (Réparer les fissures d’un barrage avec du chewing-gum). Voilà une tournure de phrase qui résume parfaitement la situation que vit actuellement l’industrie musicale via les réactions ridicules des majors et des organismes d’ayant droit. Ainsi la fermeture « temporaire » du populaire Muxtape est un énième exemple d’une rigidité qui finira par rompre sous la pression d’une révolution inéluctable. Mais d’autres questions se posent, car en effet la perte de contrôle que connaissent actuellement les majors se caractérise par plusieurs faits.

La rigidité

Les organismes comme la RIAA aux Etats-Unis attaquent les fans, les sites webs, les services webs et la conséquence première est d’énerver les consommateurs. Car en effet, les plateformes web sont la plupart du temps innovante, et deviennent un problème pour l’industrie du disque une fois qu’elle connaissent un succès considérable. Les communautés de consommateurs qui se sont formées autour des plateformes voient leurs services favoris fermer et sont donc révoltés. Imaginez un instant qu’on ferme Facebook : Ce serait un tollé immens. Mais à l’échelle des plateformes telles que Muxtape, le scandale est moins important, mais le sentiment d’injustice décuplé.

Mais la RIAA s’attaque aussi aux Web Radios telles que Last.fm et Pandora, mais cette fois ci indirectement, car ces plateformes sont dans la légalité la plus complète. Ainsi, les taxes pour ces radios sont démesurément plus élevées que celles appliquées aux Radios terrestres.

Nous sommes par conséquent légitimement en droit de nous demander si ces mesures ne cachent pas un autre phénoène.

La face cachée

En effet, nous savons tous que les nouveaux modes de consommation de la musique sont une perte énorme de revenus pour l’industrie du disque et de la musique par extension. Mais la révolution ne touche pas que les modes de distributions, et la gratuité de la musique n’est pas la seule cause de la perte de contrôle des majors sur l’industrie en général. Ainsi ces nouvelles plateformes sont aussi un moyen pour les artistes de s’auto produire et d’acquérir plus d’indépendance. C’est par la même occasion un échappatoire pour les artistes qui auparavant étaient dans l’obligation d’accepter des contrats peu avantageux. En effet les majors avaient main mise sur les médias, et la promotion passait donc obligatoirement par là. Dorénavant les groupes peuvent se faire connaître via Internet grâce au réseaux sociaux, aux plateformes, et surtout au bouche à oreille (plutôt clavier à écran mais bon) qui est décuplé. les maisons de disques perdent donc le principal moyen de pression qui est la promotion de l’artiste.

Voilà un phénomène qui n’est pas encore trop mis à l’index, mais qui a le mérite d’expliquer en partie la réticence des maisons de disques quant aux nouveaux moyens de promotions dont disposent les artistes. Avec cette stratégie, les majors semblent vouloir gagner le plus d’argent en attendant l’apogée de la crise, et pouvoir ainsi survivre à la période de transition. Une stratégie en accord avec la tournure de phrase applicable au phénomène : « On sait qu’on va droit dans le mur, mais autant y aller avec les poches pleines« . A méditer.

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À Propos de l'Auteur : Hugo Amsellem
Mini-bio : Créateur d'IndustrieMusicale.com, et Guest Blogger sur MidemNet Blog. Étudiant en Intelligence Économique, passionné de musique et des problématiques liées à son industrie. Également co-fondateur d'oocto, une plateforme d'amorçage de projets musicaux qui regroupe les concepts de crowdfunding et crowdsourcing. En savoir plus...

No Responses to “La rigidité des Majors est-elle due à une perte de contrôle?”

  1. « Dorénavant les groupes peuvent se faire connaître via Internet grâce au réseaux sociaux, aux plateformes, et surtout au bouche à oreille (plutôt clavier à écran mais bon) qui est décuplé. »
    Ca reste à prouver. Si en théorie c’est vrai, le web sature de jeunes (ou moins jeunes) groupes qui veulent e faire connaître.
    Les maisons de disques ont du mal a générer une communauté et à la monétiser. Si 2 artistes arrivent à le faire médiatiquement, c’est de l’ordre de l’exception.
    il y a 2 visages du côté des majors et des producteurs. le côté public, intransigeant et le côté business bien plus en lien avec la réalité.
    tomber dans le piège « les majors n’ont rien compris » n’est pas la meilleure chose. il y a une recherche de valorisation des catalogues via le web, mais pas comme on pense.

  2. Comme tu le dis Fred, la volonté des majors est de valoriser leurs catalogues pour compenser à court terme les pertes liées aux ventes physiques.

    Mais elles devraient aussi réfléchir à moyen et long terme sur la façon de monétiser la musique enregistrée car nous sommes proches d’une nouvelle ère…

  3. Je suis complètement d’accord avec Fred sur les 2 visages des majors. Ils sont tenus à des objectifs de rentabilités qui ne passent pas exclusivement et pas instantanément par le numérique.

    Mais ce qui est dommage est leur refus de l’innovation en général. Même si cet effort d’innovation n’est pas leur rôle, une fois de nouveaux modèles inventés, il serait plus judicieux d’en profiter et de surfer sur ces nouvelles vagues plutôt qu’aller contre.