Les modifications de la chaîne de valeur de la musique enregistrée – Partie #2
Dans une première partie, nous avons vu l’ancienne chaîne de valeur de la musique enregistrée, caractérisée par un contrôle presque total des majors.
Avec l’entrée des fournisseurs d’accès à internet, des acteurs pure players, des distributeurs digitaux, la chaîne de valeur s’étend et les intermédiaires entre les artistes et les consommateurs se multiplient. Ainsi les acteurs en bout de chaine s’essayent à ce que l’on appelle « une remontée de la chaine de valeur » qui consiste à prendre en charge des parties situées en amont de leur cœur de métier principal, comme par exemple la production ou l’édition. Nous le verrons par la suite, mais ces stratégies de remontée de chaine valeur sont à l’origine de multiples situations d’intégrations verticales, le but étant toujours de contrôler la chaine de valeur.
La nouvelle multi chaine de valeur de l’industrie musicale :

- Cette chaine n’est plus a sens unique, puisque les artistes bénéficient désormais de plusieurs voies pour atteindre les consommateurs, et peut désormais aussi l’atteindre directement grâce à internet.
- Les FAI se placent comme intermédiaire obligatoire pour la distribution numérique, et contrôlent désormais cette partie de la chaine de valeur. Ils entament eux aussi une remontée de la chaine de valeur via la production de certains artistes.
- Les distributeurs digitaux apportent leur « core compétence » technique et le valorisent auprès des majors par un savoir faire exclusif
- Les constructeurs de baladeurs, souvent distributeurs digitaux, créent des relais de croissance entre la distribution et la consommation de musique, en se servant de la musique comme produit d’appel pour vendre des baladeurs mp3.
- La remontée de la chaine de valeur est donc entamée et les majors sont dans une position délicate, ou ils sont dans l’obligation de se recentrer sur leur cœur de métier.
Les majors souhaitent conserver l’ancien modèle économique dont ils contrôlent la chaine de valeur. Les pressions institutionnelles se matérialisant par l’entrée de nouveaux acteurs dans cette chaine de valeur anciennement contrôlée.
Ainsi les majors sont dans l’obligation de diversifier leurs activités et d’intégrer d’autres chaines de valeur. L’allocation des ressources ne se fera conséquemment plus seulement sur le contrôle de la chaîne de valeur de la musique enregistrée. Pour ce faire, les deals à 360° avec l’artiste semblent la meilleure solution pour contrôler l’amont de l’ensemble des chaînes de valeur de l’indutrie musicale, qui commencent généralement toutes par l’artiste.



20. mai, 2009 






À Propos de l'Auteur :
Rah Zut, j’étais en train d’écrire un truc là-dessus. Bon comme il ne s’agit pas de se répéter, je vais changer mon angle.
En tous cas une analyse qui a le mérite de la clarté et de la précision. La classe.
Content que tu trouves ça clair, c’est souvent dur à rendre ça concis et précis, mais les schémas aident souvent
Tu vas approcher le sujet de quel façon alors?
En plein débroussaillage pour un mémoire sur l’industrie musicale, je suis arrivé sur ton blog.
Pas mal de bonnes idées et analyses, qui résument bien les enjeux du secteur.
Merci donc.
Quelles sont les sources de tes articles (schémas par exemple)?