Réflexion sur la loi "Création et internet" en (presque) toute objectivité

Cette année 2008 n’a pas fini de faire parler d’elle. Tout comme la loi « Création et Internet », l’HADOPI, et Christine Albanel. Mais que doit-on comprendre dans tout ce charabia juridique et quelle position prendre face à ces problématiques récurrente que sont le téléchargement illégal et la riposte graduée?

Tout d’abord, il faut resituer les faits dans leur contexte et surtout essayer de tout simplifier pour ne pas s’y perdre. Sous le terme « Création et Internet », Christine Albanel compte légiférer un secteur très complexe et peu stable. Mais malgré un nom peu évocateur des secteurs visés, ce sont l’industrie musicale et cinématographiques qui seront bénéficiaires de cette loi. Par ailleurs, les termes de « riposte graduée » et « HADOPI » sont étroitement liés à ce projet de loi, car HADOPI sera l’entité chargée d’avertir d’abord, et puis de sanctionner les internautes ne respectant pas la loi et téléchargeant illégalement. Ainsi ce processus est appelé la « riposte graduée » puisque les sanctions ne sont pas immédiates mais progressives.

Et c’est sur cette riposte graduée que les débats font rages. En effet, les associations de consommateurs dénoncent alors une atteinte à la liberté des utilisateurs, et s’insurgent devant l’instauration de cette Haute autorité que sera l’HADOPI. Mais je vous propose de ne pas rentrer dans ces débats concernant des détails, car la question est beaucoup plus profonde, et je ne crois pas qu’ils y aient les bons d’un coté et les mauvais de l’autre. Cependant si vous souhaitez plus d’informations techniques et législatives voici quelques liens ou le débat est intense. (Numérama, la réaction du SNEP, la réaction de Philippe Astor, les initiatives : J’aime les internautes, J’aime les artistes).

La raison de cette prise de hauteur est simple. L’avenir de l’industrie musicale passe par des visions différentes. Ainsi j’estime que les 2 positions sont valables, mais qu’il est nécessaire de prendre une décision en toute objectivité, et ne pas rentrer dans la dualité en opposant ces 2 visions, car elles peuvent être complémentaires. En effet, d’une part le gouvernement choisi l’éducation du marché via la loi Création et Internet, et d’autre part, les utilisateurs et certains médias prônent l’adaptation de l’industrie aux comportements consommateurs et aux nouvelles donnes du marché. Par conséquent la problématique principale doit être : Est-ce que l’on doit éduquer le marché ou s’y adapter? mais elle peut aussi prendre la forme d’une addition de l’éducation et de l’adaptation.

Je pense que Christine Albanel est sincère dans son projet de loi, même s’il ne faut pas se voiler la face, les lobbys de l’industrie ont exercés une pression certaine et ont évidemment été influents sur ce projet de loi. Mais le but avoué de ce texte est de redonner de la valeur à la musique. Car comme je l’ai déjà dis, la musique devient un produit d’appel, et se vend désormais comme un contenu. Quant aux détracteurs de cette loi, ils accusent le gouvernement d’une méconnaissance total du marché et de la révolution que l’industrie musicale est en train de subir, et je pense honnêtement que c’est faux. Je pense même que s’opposer au projet de loi est un phénomène de mode, et c’est choisir la facilité que de dénigrer une telle mesure.

Car en effet si l’on a conscience de la crise et des chiffres réels, cela nous amène à réfléchir plus objectivement. En effet comme la plupart le savent, l’industrie musicale a perdu 50% de ses revenus en 6 ans. En résumé, l’industrie musicale mondiales est passée de 40 milliards de $ à seulement 20 milliards et la baisse continue. En faisant de la musique un produit gratuit et en essayant de rentabiliser via d’autres business models, l’industrie ne retrouvera jamais ses 20 milliards, et courra à sa perte. Il existe la solution de la licence globale, mais cela revient à bureaucratiser le processus de redistribution des droits et des bénéfices, et dans un pays comme la France, ce n’est pas une bonne solution.

Alors en effet, un projet de loi pour redonner de la valeur à la musique et à la production musicale n’est pas une si mauvaise solution. Pourtant le changement des modes de revenus dans l’industrie musicale est indéniable. Les compétences et les techniques de ventes doivent être revues en grande partie et le CD ne deviendra plus qu’un support minoritaire. Mais cela n’empêche en rien d’acheter la musique et de la rentabiliser de plusieurs manières, aussi nouvelles soient-elles. Par ailleurs, le ministère de la culture ne souhaite pas condamner des innocents comme certains l’écrivent, car la finalité de cette mesure est plus psychologique que législative.

Télécharger un album à 10 €, c’est comme acheter une pizza, mais en encore plus simple.

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À Propos de l'Auteur : Hugo Amsellem
Mini-bio : Créateur d'IndustrieMusicale.com, et Guest Blogger sur MidemNet Blog. Étudiant en Intelligence Économique, passionné de musique et des problématiques liées à son industrie. Également co-fondateur d'oocto, une plateforme d'amorçage de projets musicaux qui regroupe les concepts de crowdfunding et crowdsourcing. En savoir plus...

2 Responses to “Réflexion sur la loi "Création et internet" en (presque) toute objectivité”

  1. Bien évidemment que cette loi est plus psychologique que législative .Ils savent bien que c’est perdu d’avance et que les internautes un peu débrouillards quitterons les usines à gaz comme Emule pour plus discrêt.
    Les moins débrouillards par contre devant la peur suscitée par une supposée coupure d’internet éviterons toute copie…

  2. Je me demande encore si cette loi n’est pas finalement que préventive, et que les envois de lettre recommandé ne seront pas suivi de suspensions.