Les réseaux sociaux catalyseurs de talents et de découvertes?

Les réseaux sociaux sont désignés par beaucoup comme des pépinières de talents et comme locomotive de l’innovation en terme de musique. Du fait de leur proximité avec les clients finaux, ces réseaux offrent aux artistes une possibilité de « buzzer » et d’être repéré par les professionnels de l’industrie. Mais qu’elle est la réelle portée de ces nouveaux médias?
 

  • Quels sont les acteurs?

Tout d’abord on retiendra Myspace, qui est très actif dans la découverte de nouveau talents, et qui comptabilise désormais de nombreuses réussites (Adèle, Lily Allen, Colbie Caillat, etc..). Avec plus de 120 millions de membres, le site lance désormais Myspace Music et permet le téléchargement de morceaux via la fiche des artistes grâce à un partenariat avec les 4 majors. La plateforme serait déjà valuée à plus de 2 milliards de dollars.

Youtube et son succès planétaire fait aussi figure de catalyseurs de talents, puisque de nombreux artistes ont aussi buzzé grâce aux utilisateurs de la première plateforme vidéo mondiale. Encore une fois, le nombre d’utilisateurs inscrits et actifs permet une visibilité exceptionnelle pour un artiste indépendant mais est-ce que l’on y découvre réellement des nouveaux talents?

Facebook quand à lui annonce prochainement un « Facebook music« , qui reprendra dans les grandes lignes le principe de Myspace Music, mais qui sera intégré dans un réseau social plus global, et moins orienté musique à l’origine. La clarté et la simplicité d’utilisation de la plateforme peut être, et sera sûrement un avantage concurrentiel face à un Myspace plus désordonné et criblé de spams.

 

  • La nouveauté : un manque de visibilité

En effet, si le principe de synergie marche pour les réseaux sociaux (la valeur d’un réseau croît plus que proportionnellement à sa taille), la visibilité de ses utilisateurs décroît certainement plus que proportionnellement à sa taille. Et malheureusement pour de nombreux artistes, percer via myspace s’annonce désormais tout aussi difficile que de percer via les réseaux classiques. Car si internet permet une démocratisation de la visibilité, il n’agit plus comme un filtre où quelques artistes talentueux ressortirons, car le flux est dorénavant trop important. 

 

  • « Talent-driven »?

La majorité des réseaux sociaux ont un modèle publicitaire comme principal business model. La réussite d’un artiste apporte de la crédibilité et du trafic au site, c’est pourquoi il est intéressant de découvrir des talents pour qu’ils deviennent mainstream. La démarche de la découverte de talents sans but lucratif ou sans intérêt autre que l’appréciation purement musicale est par conséquent biaisée. On reproduit ici les mêmes schémas que l’industrie musicale, avec la découverte et la promotion d’artistes « bankable« , potentiellement rentables. Et les professionnels suivent, puisque l’on a désormais des exemples d’artistes découverts grâce à ces plateformes qui ont signés chez des majors car potentiellement rentables sur une période très courte. D’où la nécessité pour Universal, Sony BMG, EMI, ou Warner d’avoir, sur ces réseaux, des dénicheurs de « talents » bénéficiant d’une couverture web assez importante pour pouvoir être rentable. 

 

  • La musique encore et toujours un produit d’appel

Encore une fois, pour ces acteurs la musique n’est qu’un produit d’appel. Même si pour Myspace cela est moins flagrant, mais pour les nombreux autres acteurs, la musique n’agit que comme un moyen de conquérir, d’attirer, ou de fidéliser les consommateurs. C’est pourquoi même si le web (et le monde réel) regorge de talents de tout horizons, la facilité sera de promouvoir les artistes les plus mainstreams, et c’est encore une manche de perdue pour la diversité musicale.

Les réseaux sociaux apparaissent comme une opportunité exceptionnelles pour de nombreux artistes, il reste néanmoins indispensable de nuancer ce phénomène par une analyse objective : même si les succès du net sont impressionnants, ils restent tout aussi rares.

 

Twitter Digg Delicious Stumbleupon Technorati Facebook
À Propos de l'Auteur : Hugo Amsellem
Mini-bio : Créateur d'IndustrieMusicale.com, d'OnYourCloud.com, et Guest Blogger sur MidemNet Blog. Étudiant en Intelligence Économique, passionné de musique et des problématiques liées à son industrie. En savoir plus...

5 Responses to “Les réseaux sociaux catalyseurs de talents et de découvertes?”

  1. les erseaux sociaux ne sont que des outils qui offre à coût réduit de la visibilité aux artistes. Aucun conseil de management, aucun financement n’est réalisé dans la création par ces outils et pour cause, ce n’est pas leurs rôles.
    Si l’utilisation de ses outils est pertinente pour communiquer et ce faire connaitre, elle n’est pas suffisante pour percé et comme tu le dis si bien, leur modèle économique ne suit pas forcement les attendes du mélomane.
    Moralité, on n’a pas une révolution industrielle parce qu’on a 3 clefs à molettes mais ces 3 clefs à molettes vont nous servir à faire une révolution industrielle.

  2. En tout cas on est en train de vivre de forts changements institutionnels. Quant à la révolution industrielle, c’est la continuité de ce processus.

  3. Moi, je suis rapeur, et ça fais un bon moment que j’essaie de me dénicher un contrat avec une maison de disque, mais il n’y a pas de réponse!!

  4. Surtout en ce moment, le nombre d’artistes signés est en chute libre :/

  5. Oui les réseaux sociaux sont utiles pour se faire connaître mais il faut agir dans le cadre d’une stratégie globale bien établie pour que cela soit efficace car la concurrence y est très rude.

    Je vous invite à lire mes quelques conseils en la matière :

    http://webentertainer.fr/musique/quand-le-hip-hop-prend-internet-en-otage.html