Musique enregistrée : La différenciation par le support
L’industrie musicale s’accorde sur une problématique : Comment vendre un produit/contenu replicable à l’infini et gratuitement? D’autres posent le problème différemment : Comment redonner de la valeur au support et vendre ce qui ne peut être replicable?
Alors que la pluspart des majors se sont obstinées à donner encore moins de valeur à la musique digitale que le téléchargement illégal – notamment avec les DRM – il semble que 2009 est un tournant dans leurs approches et stratégies. En effet le premier semestre de cette année a sonné la mort des DRM et entrouvre une porte vers l’innovation en place et lieu de la répression.

Et dans cet effort d’innovation, Universal frappe un grand coup avec le futur album de Mariah Carey. La plus grande major de l’industrie musicale avait pour habitude de minimiser au maximum les coûts de fabrications de ses CDs avec pochettes/livrets de CD ridicules ne comprenant parfois que 2 pages, rendant ainsi l’acte d’achat du CD physique sans intérêt et frustrant le consommateur et surtout le fan. Mais avec « Memoirs of an Imperfect Angel » Island-Def Jam et Universal compte bien se racheter auprès des fans en sortant un ablum doublé d’un magazine !
Le principe :
C’est assez simple : Universal crée pour l’occasion un partenariat avec ELLE Magazine pour co-produire ce magazine de 34 pages qui fera office de booklet de luxe, avec bien évidemment Mariah Carey comme sujet central. Cette opération est aussi valable pour la version digitale de l’album, avec la possibilité de télécharger une version numérisée du magazine !
Les avantages :
Le fait pour Universal de sortir un nouveau format redonne de la valeur au CD permet de justifier un prix plus elevé. Ainsi même si les ventes sont moins importante, la valeur ajoutée forte de ce support permet de marger de façon plus importante en ciblant avant tout les fans de la Diva, beaucoup plus enclins à dépenser plus pour avoir plus. C’est un peu le leitmotiv de cette opération : Dépenser plus pour être moins à avoir plus. Le but est désormais d’industrialiser les process de ce type d’opération, créer des partenariats durables avec les entreprises intervenant dans la fabrication et distribution de ce support, et baisser les coûts de ce magazine pour permettre de répliquer ce modèle à de plus modestes artistes. Pour ce faire, Universal a déjà prévu plusieurs opérations de ce genre avec Rihanna, Bon Jovi, Kanye West !
Les opportunités:
- La manne des revenus publicitaires : Universal fait bénéficier aux annonceurs de la forte exposition de ses artistes phares. Ainsi la major a bouclé des partenariats avec Elizabeth Arden, Angel Champagne, Carmen Steffens, Le Métier de Beauté et le Bahamas Board of Tourism. L’intégration de pubs dans le magazine a apparemment permis de rembourser les coûts de production de l’album (infos à prendre avec des pincettes…).
- Le renforcement de l’univers de l’artiste : L’univers de Mariah permet aux annonceurs de capter plus facilement l’attention des utilisateurs, et garanti un taux de transformation plus élevé. C’est une relation win/win : Les annonceurs sont associés à l’artistes dans l’inconscient des fans, et les fans associent l’image prestigieuse des annonceurs à leur idole.
- Une distribution diversifiée et innovante : Avec un nouveau support arrive de nouveaux canaux de distribution : Ainsi le format magazine permet au CD d’être distribué dans les kiosques et cela compense d’une certaine façon la disparition des disquaires.
- Une promotion croisée : Les partenaires ont tout intérêt à mettre en avant ce partenariat et promeuvent donc le CD par la même occasion, à moindre coût pour le label.
Comme je le disais, le but principal est désormais de finaliser des partenariats durables avec des annonceurs et industrialiser au maximum les process de fabrication de ces magazines pour développer ce nouveau support au maximum et baisser les coûts de production.



04. août, 2009 






À Propos de l'Auteur :
C'est une good news pour moi en tant que fan de Mariah
Mais sérieusement l'initiative est plutôt bonne bien que j'ai peur que le magazine comme valeur ajoutée au cd soit un peu « pauvre ». Je me demande un peu ce qu'il contiendra, si c'est pour avoir des posters ce n'est pas très intéressant.
Tout comme les cds, les magazines (physiques) ont du mal à se vendre aujourd'hui. Du coup associer ces deux objets en déclin pour vendre n'est peut être pas la solution. Vendre du qualitatif avec un produit « plus exclusif » me tenterait davantage. Tout dépendra du contenu du mag bien sûr.
Quoiqu'il en soit, j'espère sincèrement que l'opé prendra.
Suffit d'attendre la rentrée.
J'imagine qu'aux yeux des fans, ce magazine fait quand même office d'objet collector.
Et effectivement tout dépendra du contenu du mag, mais je trouve que cette association de produits autour d'un artiste redonne plus que proportionnellement de la valeur aux produits en question.
Le prix sera aussi une donnée plus qu'intéressante pour voir quel positionnement Universal donne à un telle initiative
Le mag offert pour valoriser le CD.. ou le CD offert pour valoriser le mag ?
u dis que le CD sera en vente dans les kiosque (j'imagine avecune TVA à 5,5%. Mais sera t il dispo en magasin aussi ? Si c'est le cas, Universal s'offre un cadeau bonux pour sa distrib avec 2 ref ayant 2 Taux de TVA différents dont une ayant une durée d'exposition en magasin limitée.
Pour la valeur ajouté du Support, ce n'est pas une première d'universal. La collection Jazz in Paris par exemple était superbement packagé et bien informé pour de la réédition en midprice. Idem pour le disque Hommage à Maria Malibran de Cécilia Bartoli sortie soit avec un gros livre soit avec un énorme livret au choix.
Pour le coup, Cécila Bartoli avait plein de chose à raconter sur la divas (et en 3 langues en plus
du deluxe avec un mag….j'ai des doute mais en tout cas Elle + Mariah Carey, c'est un couple qui fonctionne.
La démarche dans ce cas la est assez différente. Universal tente carrément de créer un nouveau type de support destiné à rentabiliser encore plus les artistes qui leur permettent de survivre.
Du Deluxe avec un mag j'ai aussi des doutes, mais avec des associations justicieuses (comme dans ce cas précis) y'a quelques trucs à faire et quelques dollars à récolter
Quand tu as Le Monde ou le Gigaro qui t'offre un DG pour un journal, la valeur ajouté du mag avec la musique (ou plutôt l'inverse) reste à inventer