WorMee, la plateforme de streaming musical version Orange
Dans sa stratégie d’offre de contenu, Orange est en retard sur son concurrent direct, SFR. En retard non pas dans les initiatives, mais dans la performance. En témoigne l’opération catastrophique Musique Max, dont les coût d’acquisitions faramineux de catalogues (€12 millions) ne seront jamais recoupés.
Mais Orange a décidé de revoir sa copie, et compte surfer sur la vague du streaming en sortant sa propre plateforme d’écoute de musique à la demande. Voyons ça d’un peu plus près :

En arrivant sur le site, le player se met directement à jouer un titre, ce qui est plutôt désagréable. Ce même player, situé sur la gauche de l’interface, est de facture assez classique, est assez ergonomique et comporte un bouton click-to-buy disque/digital.
Le site est découpé en 3 colonnes, avec le player, les playlists (etc…) à droite, les titres au milieu, et ce qui semblerait être le contenu (et sûrement les pubs), à gauche. L’interface est classique, la navigation assez fluide et le drag-and-drop vers les playlists ou le player possible. Le tout a un rendu correct, mais sans plus, on est encore un cran en dessous de Deezer, qui n’est lui-même pas une référence en la matière. Mais on imagine bien que sur un projet encore bêta, les développeurs ont bien d’autres soucis que la beauté et la fluidité de l’interface qui sont – dans ce genre de projet – la cerise sur le gâteau à cette étape du développement.
Et c’est bien la le problème, car il va falloir se battre contre le nouveau roi Spotify, qui est désormais la référence en terme d’expérience utilisateur. La question étant : Quelle valeur ajoutée WorMee apporte-t-il face à ses concurrents?
- L’interface : Le verdict est assez mitigé, l’interface étant encore en début de développement, des améliorations devraient arriver d’ici peu.
- Le catalogue : 4 millions de titres, c’est l’équivalent de Deezer en terme de profondeur. WorMee signe avec les 4 majors et les plus gros indépendants. Spotify propose désormais 8 millions de titres à l’écoute, et tout le monde se bouscule pour signer avec le service de streaming Suédois. Peu de valeur ajoutée ici donc.
- Les fonctions : Outre les classiques fonctions de partage, playlists, friends & Cie, WorMee propose à ses utilisateurs d’uploader ses propres morceaux dans des playlists qu’il choisira alors de mettre publiques ou privées. Cependant les morceaux contenus sont acceptés sous réserve qu’ils rentrent dans les deals passés avec les labels. Une fonction à faire évoluer, qui pourrait démarquer WorMee de ses concurrents, notamment avec une convergence web/mobile via Orange.
- Les contenus : Il semblerait que WorMee veuille créer sa valeur ajouté sur les contenus relatifs aux artistes avec un fiche artiste complète en fonctionnant comme un agrégateur de news. En insistant sur le coté éditorial, WorMee peut densifier l’expérience utilisateur et proposer au consommateur d’aller plus loin que la simple écoute de musique.
« I Am What I Play » étant le slogan de la plateforme, WorMee insiste sur le coté communautaire de sa plateforme. Le consommateur ne se définissant pas par son FAI ou son opérateur, Orange choisi un slogan cohérent avec son orientation.
On imagine ainsi que WorMee devienne a terme un service proposé par Orange dans ses offres mobiles, une fois bien évidemment que WorMee sortira son offre mobile. Ainsi la combinaison entre des fournisseurs de contenus et des fournisseur d’accès semble être une des clefs de l’exploitation de la musique dans cette forme là.
Conclusion : Le service innove pour l’instant peu par rapport à la concurrence, et je me demande réellement si le streaming musical est encore lié au browser. Avec Spotify, la musique sort du navigateur, et prend la forme d’applications indépendantes, ergonomiquement plus adaptée. Quelles raisons peuvent-t-elles nous pousser à revenir sur le navigateur et utiliser WorMee?



20. avr, 2009 






À Propos de l'Auteur :
A noter aussi que Wormee c’est du vrai streaming, pas de téléchargement progressif comme chez les autres (deezer, lastfm, spotify…) et que ça pose des problèmes techniques importants (ne serais ce que pour l’utilisation mobile de la technologie, ou en entreprise (où les proxy bloquent souvent ce genre de flux)).
Le vrai démarcateur serait effectivement une stratégie web+box+mobile… mais il ne faudrait pas (sur mobile) que l’offre soit limitée aux abonnés Orange (et rentre dans les mêmes errances qu’Orange TV)
Ah… bah ça risque d’être très dur pour WorMee sans le streaming mobile.
Je pense qu’Orange à conscience qu’une offre limitée à un opérateur n’est plus cohérente, mais c’est quand même plus facile d’intégrer directement WorMee dans les mobiles qu’ils vendent.